jeudi 18 décembre 2014

lundi 30 juin 2014

Derniers coups de coeur avant l'été

Lundi 23 juin, une fois encore, la table de la bibliothèque croulait sous les livres et Danielle rappelait qu'elle animait pour la dernière fois une réunion du club.
Voir du pays de Delphine Coulin a suscité le débat ; toutefois ce roman qui met en scène deux jeunes amies Lorientaises qui s'engagent,comme on part pour l'aventure,dans l'armée et la guerre en Afghanistan et se retrouvent au coeur d'une violence destructrice, y compris de la part de leurs compagnons d'armes, est jugé bien noir, même si le récit sonne terriblement juste.
Le roman de Serge Joncour, L'amour sans le faire, a en revanche touché tout le monde. Il réunit, de manière sensible et pudique, des écorchés de la vie : Louise, venue rendre visite à son fils qu'elle a confié à ses beaux-parents, comme pour les aider à rester vivants après la mort brutale de leur fils préféré, son mari. Elle retrouve dans la ferme familiale qui s'est figée dans le temps, Franck, revenu après de longues années d'absence vers des parents vieillissants et blessés par le décès du fils. La lumière de l'été, les rires d'un enfant, peuvent-ils être à nouveau promesse de vie? Coup de coeur unanime.



Le cas Eduard Einstein de Laurent Seksik a lui aussi suscité une adhésion unanime. Le titre a la sécheresse  de l'intitulé d'un dossier d'un dossier médical ; pourtant le destin d'Eduard, fils du génial Albert Einstein et personnage central du roman,  nous touche profondément.
Jeune homme brillant, pianiste doué, il envisage une carrière de psychanalyste quand on diagnostique sa  schizophrénie. Il entre à 20 ans dans un hôpital psychiatrique en Suisse et y finira ses jours. Isolé dans ses angoisses et ses douleurs, il est bouleversant :"Il n'y a pas de place dans le monde pour un autre Einstein".
Sa mère l'accompagnera, comme elle pourra, toute sa vie.
Il serait facile d'accabler le père volage qui a émigré aux Etats Unis pour échapper aux foudres des nazis. Mais ce n'est pas si simple...Il a eu tous les courages pour soutenir la cause des noirs, aider à la création d'un état juif, mais rendre visite à son fils dont la maladie le tétanise est au-dessus de ses forces de père démuni devant ce "problème sans solution". Un roman passionnant riche d'émotions dans un contexte historique, médical, politique évoqué sans lourdeur.

Tout autre est Le silence de Jean Guy Soumy qui a reçu le prix 2014 des Lecteurs du Télégramme.
Nous sommes aux Etats Unis et Jessica, chercheuse en littérature, spécialiste du poète breton Armand Robin, fait face au suicide incompréhensible de son mari, Alexandre, sommité mondiale en mathématiques. Celui-ci a toutefois semé des petits cailloux (des vers d'Armand Robin) qui permettront à sa femme de reconstruire un puzzle et de comprendre la radicalité violente du geste d'un époux qui s'est condamné au silence.
Que connaît-on de ceux dont on partage la vie ? Ce roman nous confronte à cette question cruciale en nous entraînant avec élégance dans une construction qui nous prend comme celle d'un polar. Certaines ont beaucoup aimé, d'autres , moins...
D'autres livres sont encore sur le circuit de lectures. Nul doute que le Lundi 1er septembre (14H.), ils seront à leur tour objet de débats à l'occasion de la réunion de rentrée.

lundi 16 juin 2014

Eric Simard captive son auditoire...

Vendredi 12 juin, les élèves de la classe de CM1 de Johanne Arevalo ont rencontré l'auteur de Roby ne pleure jamais, roman qu'ils avaient largement classé en tête lors de la séance de vote.
Une séance en bibliothèque leur avait ensuite permis de découvrir que cet auteur écrit certes des romans de de science fiction pour de jeunes lecteurs, mais aussi bien autre chose, y compris dans un tout autre genre (Allo Jesus, ici Momo) ainsi que des livres pour les plus grands et même pour les adultes.
Eric Simard a su établir le dialogue avec beaucoup de simplicité et les enfants se sont lancés dans une très longue série de questions spontanées.
L'échange a été d'une très grande richesse et l'auteur a su leur faire percevoir ce qu'était une création littéraire en s'aidant de ses 8 versions successives d'un même roman et d'un petit objet magique susceptible de prendre de multiples formes ...
Peut-être des élèves tentés par l'écriture se souviendront-ils un jour de son invitation :
"Lis tes ratures".

En tout cas, il fut très difficile de mettre un terme au flot des questions et les élèves, souvent agités pour certains d'entre eux, ont séduit leur visiteur par la pertinence de leurs questions et leur sincérité.

Une vraie rencontre, donc...

samedi 14 juin 2014

Un magicien nommé Zaü...


Les enfants de la classe de Florence Souron (CM2) ont d'abord fait la rencontre de Zaü par le biais de ses illustrations dans Martin et Rosa, un album de la sélection de Dis-moi ton livre qui leur était destinée.
Ils ont ensuitedécouvert en bibliothèque la diversité de son talent lors d'une séance dont blog a témoigné.
Le jeudi 12 juin, il était très attendu par les enfants qui l'ont d'abord interrogé sur son travail d'illustrateur et il leur a expliqué, au tableau et de manière illustrée cela va de soi, la manière dont il s'inscrit dans la chaîne de réalisation d'un album.
Il a ensuite transformé la classe en atelier et conduit la réalisation d'une longue fresque à l'encre de Chine, chacun des enfants étant contraint de coopérer avec son camarade dessinateur de l'autre côté de la table mais aussi avec celui de gauche et de droite.Tout cela a donné une oeuvre collective dont les auteurs sont à juste titre très fiers.


La séance s'est terminée sur un moment magique de silence absolu : Zaü a réalisé devant son public plein d'admiration deux magnifiques dessins, laissant ainsi un autre très beau souvenir de son passage à l'école et à la bibliothèque.

mercredi 11 juin 2014

Le Club de lecture se promène aussi...

L'île Tudy bruissait d'animation ce samedi de Pentecôte à l'occasion du festival La mer monte.
Dans ce contexte, un parcours conté sur les pas du héros  de Jean-Luc Nativelle dans Le promeneur de la presqu'île (Prix 2013 des lecteurs du Télégramme) a permis à un groupe lecteurs passionnés de flâner dans les ruelles ou en bordure de mer et de retrouver les maisons dont la description ouvre chacun des chapitres .
Un plaisir partagé, une occasion  de réflexion également : non , un auteur ne se contente pas de "copier" la réalité, il la retravaille dans la perspective de son projet littéraire!

La présence chaleureuse de celui-ci, assumant lui aussi la lecture d'un passage, éclairant ses choix, occupera bien évidemment une place particulière dans le souvenir que les lectrices du Club présentes garderont de cet après-midi ensoleillé.

vendredi 6 juin 2014

Chouette, de la couleur à la bibliothèque...


Depuis le 2 juin et jusqu'au 12, la bibliothèque accueille 5 magnifiques reproductions grand format d'illustrations empruntées à des albums publiés par les éditions Rue du monde invitées au Festival Rêves d'océans . Une chance, les élèves de Tréméven connaissent en effet déjà bien cette maison d'édition qui a publié nombre d'albums présents, au fil des ans, dans les sélections de Dis-moi ton livre mais les adultes peuvent avoir, eux aussi ,plaisir à découvrir ces oeuvres colorées .
Sont, par ce biais, mis à l'honneur  : Nathalie Novi, Véronique Joffre, Laurent Corvaisier, Vanessa Hié et Zaü.




Ce fut l'autre jour un bonheur de préparer la venue de celui-ci dans la classe de CM2 en découvrant la diversité des albums qu'il a illustrés sous la protection du dromadaire coloré sorti de Une cuisine grande comme le monde, tout exprès pour nous...


jeudi 29 mai 2014

Embouteillage sur le circuit des livres ?

Peut-être le retour du beau temps, les activités dans le jardin, les occasions de festivités familiales, mais aussi le nombre de livres passant de mains en mains explique-t-il que, pour la première fois, un seul roman ait été lu par toutes et ait pu faire l'objet d'un vote lors de la réunion du 17 mai !
En finir avec Eddy Bellegueule d'Edouard Louis a fait l'objet d'une discussion très animée entre lectrices. Ce récit écrit à la 1ère personne, certainement largement autobiographique même si la couverture porte la mention Roman, est celui de l'itinéraire d'un enfant qui grandit dans la difficulté et la souffrance dans un village de Picardie. Sa famille est écrasée de difficultés (père au chômage après s'être brisé le dos dans une usine, mère aide-ménagère, problèmes d'alcool) et il arrive parfois que le soir "on mange du lait" . (On a l'étrange impression d'être ramené au début du 20 ème siècle par un tout jeune auteur qui nous raconte pourtant sa vie!) A ces conditions matérielles difficiles, il faut ajouter l'intolérance à la différence : sa voix naturellement haut perchée, ses façons d'être particulières, son goût des livres, ne permettent pas au jeune Eddy d'incarner le modèle de virilité de son milieu et il va  le payer très cher en particulier au collège ... Condamné au rejet et à l'exclusion, il trouvera ailleurs sa voie, brillante, grâce à ses succès dans le monde des études.
Le livre a fait polémique, en particulier sur le plan de la véracité ; 2 lectrices ayant vécu dans cette région du Nord témoignent de cette misère matérielle, affective et culturelle qu'elles ont côtoyée. L'auteur récuse tout approche de son livre par ce biais et revendique un jugement sur l'oeuvre; il est vrai qu'il navigue avec une maîtrise parfaite entre la langue du "cru" et celle de l'analyse parfaitement maîtrisée qui est aujourd'hui la sienne, une langue qui sait parfaitement verrouiller l'expression d'émotions pour ne retenir que des faits...
Un livre "coup de poing" qui mérite la lecture même si elle dérange parfois. D'où le coup de coeur vert.
Beaucoup de livres en fin de parcours, au programme de la prochaine réunion !

mercredi 28 mai 2014

Le matériel de vote est désormais rangé...

Ce sont les livres de la sélection 2 de Dis-moi ton livre qui ont fait l'objet des derniers votes à la bibliothèque
 transformée en ruche le mardi 27 mai, puisque 4 classes avaient lu les mêmes livres.
Les enfants, qui avaient pour certains d'entre eux accompagné leurs parents lors des élections européennes du dimanche précédent, étaient tout disposés à parler "élections" et à s'intéresser à cet acte civique important. Bien sûr, les mots méritaient d'être précisés mais, après tout un isoloir est bien "une cabine de vote"...
En tout cas, chacun a accompli tous les actes attendus de lui avec un grand sérieux, voire un grand plaisir : choix du bulletin, passage dans l'isoloir pour le mettre sous enveloppe, introduction dans l'urne pour s'entendre dire"Alix a voté", signature sur la liste d'émargement, avant de rejoindre ses camarades sur les tapis. Les clichés d'enfants de la classe bilingue de Sylvie (GS/CP) en témoignent du reste  parfaitement.

Le cérémonial du dépouillement est toujours un grand moment passionné, avant les échanges qui suivent le décompte des voix. Les enfants ont beaucoup à dire sur ce qu'ils ont aimé dans leur livre préféré, qu'il s'agisse de Kiki et Rosalie, de Les petites choses à New York ou des autres.. Ils attendent avec beaucoup d'impatience les résultats définitifs pour savoir si leur "champion" a gagné!

Après les grands...les petits votent !

Ces derniers jours les neuf classes de Tréméven engagées dans Dis-moi ton livre se sont succédé à la bibliothèque pour voter, pour exprimer leur choix concernant leur livre préféré.
C'est toujours un moment important pour les lecteurs, quel que soit leur âge. Les plus grands ont eu l'occasion de mesurer l'enjeu de ce vote en constatant la présence de la mention : Prix Dis-moi ton livre (accompagné de la précision de l'année) dans des catalogues d'éditeurs ou  les dernières pages de certains romans, dans la liste des ouvrages de leur auteur. Il y avait de la fierté dans les sourires échangés : lire et donner son avis avait bien un sens, pouvait inciter d'autres à découvrir un livre qui nous a touchés, surpris, fait rire...Pour les Moyenne section et Grande section d'Alexandra, c'était juste le sentiment de faire quelque chose d'important qui mérite concentration, que ce soit devant les bulletins colorés ou l'urne dans laquelle on va le glisser .

mardi 27 mai 2014

Des Auteurs aux Z'énigmes, on joue...

La bibliothèque participe au jeu mis en place par le festival Rêves d'océans qui fête ses 10 ans et le nombre impressionnant d'auteurs et illustrateurs invités depuis la première édition.
Les enfants de Tréméven (et d'ailleurs) désireux de participer à ce jeu peuvent trouver un bulletin de participation à la bibliothèque qui leur propose aussi une énigme à résoudre ; ils doivent trouver une réponse exacte à 5 énigmes au moins présentées dans différents lieux (librairies, bibliothèques de la COCOPAQ, bus...) dont une, obligatoire, à découvrir sur le site internet du festival pour espérer gagner un livre.
Ce jeu étant une invitation à la mobilité, TBK, partenaire de l'opération offre sur ce bulletin un aller retour gratuit aux joueurs- voyageurs invités à se creuser la tête !

lundi 21 avril 2014

Lire, encore et encore...

Les premiers échanges lors de la  réunion du 14 avril ont concerné cette fois un film diffusé à la télévision : La couleur des sentiments, adaptation du roman de Kathryn Stockett pour lequel nous avions manifesté un coup de coeur lors de la précédente réunion. Tout en reconnaissant au film une indéniable fidélité à la trame et à l'esprit du roman, nous étions plusieurs à regretter que certains des personnages importants parmi les bonnes noires aient tant perdu de leur densité et que le réalisateur n'ait pas su mieux tirer parti du suspense qui tient le lecteur en haleine jusqu'au bout : le livre de témoignages des bonnes verra-t-il le jour dans le contexte dangereux de ségrégation raciale qui règne encore aux Etats Unis autour de 1950?
Réparer les vivants, le roman de Maylis de Kérangal a ensuite mobilisé l'attention . Cette histoire de transplantation cardiaque a touché chacune. La mort accidentelle d'un jeune homme de 20 ans ne peut être perçue que comme un scandale dont la brutalité fait peur, même si son coeur permet de "réparer une vivante" en survie...
Même si l'auteur, dans une langue magnifique, réussit à évoquer le choc de l'annonce chez les parents, la sidération qui l'accompagne, la douleur des décisions à prendre, l'enjeu est manifestement ailleurs pour elle.Comme dans Naissance d'un pont, mais de manière encore plus aboutie et dans une tension dramatique plus grande, elle nous entraîne dans le récit d'une aventure humaine collective pleine de risques  dans laquelle chacun a un rôle crucial à jouer . Ce roman a quelque chose de musical dans sa composition ; les personnages, parfaitement identifiés, interviennent successivement, dans des tempo différents pour coopérer à la réussite de l'oeuvre commune . C'est magnifique, dramatique mais si fortement enracinée dans l'amour de la vie . Coup de coeur rouge unanime.
Changeant complètement de genre , nous avons ensuite échangé sur Un paradis trompeur de Hennig Mankell qui nous fait traverser le pont entre ses 2 univers de vie : la Suède et l'Afrique . L'auteur nous plonge dans un premier temps dans le contexte de misère absolue, voire de famine , d'un village suédois au début du 20ème siècle. Pour sauver une de ses filles, Hanna, une mère la contraint au départ vers un port... Ignorante de tout Hanna va se retrouver sur un vapeur en route vers l'Australie et vivre une série de hasards , (de chances?) qui lui permettront de survivre en dépit des deuils en débarquant en Afrique où elle découvre les réalités d'un univers dont elle ne sait rien. Elle s'affranchit des préjugés de sa communauté de blancs mais le paie de son isolement.
Mankell nous décrit ici un apartheid qui ne choquait pas grand monde à l'époque et nous dessine un portrait féminin d'une grande force.
Le troisième livre s'inscrit dans notre souci de diversification de nos lectures : L'Africain de Nantes de
Michèle Colin-Veillon, en large vision. Un roman documenté et facile qui nous rappelle l'implication de Nantes dans le commerce triangulaire et la traite des noirs ; il attire l'attention sur l'attitude de l'Eglise au 18 et 19ème par rapport à ce problème et sur le sort des esclaves éduqués.
Bien d'autres livres sont en cours de lecture, en particulier, 3 romans sélectionnés pour le Prix 20014 des lecteurs du Télégramme.
Prochaine réunion le 19 mai à 14 heures.

mardi 15 avril 2014

Un air de printemps à la bibliothèque

La saison donne des envies de couleurs, d'espace, c'est sûr.
Pour les couleurs, il a été très facile d'afficher à la bibliothèque les poèmes écrits et illustrés par les enfants ayant participé au Concours de poésie dans lequel ils ont fait merveille (3 lauréats dans la commune!); nous l'avons déjà signalé. Les contraintes de la photographie et de la disposition ne permettaient pas la mise en valeur d'un ensemble qui le mérite pourtant.Certains lecteurs de la bibliothèque l'ont constaté eux (elles) aussi et ont exprimé leur étonnement admiratif devant ces productions d'enfants.





Pour l'espace, c'était plus difficile : impossible en effet de pousser les murs! Qu'à cela ne tienne, Isabelle et Nicole ont poussé le mobilier et il est indiscutable que le coin "adultes" s'est agrandi ...

mercredi 2 avril 2014

Des coups de coeur tous différents...

Fidèles au rendez-vous, les fans de livres se sont retrouvées à la bibliothèque le lundi 24 mars, ravies d'échanger sur leurs dernières lectures.
Toutes ont été passionnées par La couleur des sentiments de Kathryn Stocket qui a rencontré un vrai succès aux Etats Unis avant d'être traduit et porté à l'écran.
Cette fiction, nourrie par la réalité douloureuse de la ségrégation raciale et le cortège d'injustices et de violences qui l'a accompagnée, nous ramène en 1962, dans le quotidien de deux mondes qui se côtoient dans une petite ville de l'état du Missouri : le monde des blancs, des maîtresses de maison, et celui des bonnes noires qui les servent et élèvent leurs enfants. Au centre, une blanche qui se cherche après ses études et s'étonne de n'avoir aucune réponse concernant la disparition de la bonne noire qui s'est occupée d'elle pendant toute son enfance et au-delà. Dans le plus grand secret, elle entreprend de donner la parole à ces femmes que la peur des représailles a rendu muettes, dans le cadre d'un livre. Le risque est grand et l'effet de suspense tout à fait réussi jusqu'au bout du roman. Le talent de l'écrivain tient à sa capacité à tisser, comme dans la vie, drame et drôlerie, à travers  une série de portraits parfaitement dessinés et l'évocation très réaliste d'une société arc-boutée sur ses certitudes et privilèges.
Tout autre est le livre de Pierre Lemaître, Cadres noirs. C'est la curiosité qui nous a orientées vers ce polar du lauréat du Prix Goncourt pour Au revoir là-haut.
Alain Decambre, le personnage central, ex-brillant DRH qui présidait aux destinées de deux cents employés dans une grande entreprise, doit à 57 ans se lever avant l'aurore pour aller remplir des caisses de médicaments pour un demi SMIC. Comment continuer sous le regard de sa femme et de sa fille qui le blessent plus que tout. Quand il apprend que son CV a été retenu par le recruteur d'une grande entreprise, il est prêt à tout, même à jouer un rôle de recruteur dans une odieuse mascarade ... C'est une satire sans concession du monde des grandes entreprises capables de s'autoriser toutes les fantaisies pour "pimenter" un recrutement. Un thriller qui attire l'attention sur le destin d'un gagnant des années 1980, laminé et jeté en 2010 qui nous embarque dans une intrigue où la revanche a sa place.
Dernier coup de coeur: Le quatrième mur de Sorj Chalandon, Goncourt des lycéens en 2013.On ne sort pas indemne de cette lecture-là qui nous plonge au coeur des violences de tous bords du conflit libanais.

Georges, le personnage principal, se voit confier une mission par son ami grec malade, un utopiste passionné de théâtre et de paix : monter Antigone d'Anouilh, à Beyrouth, en associant tous les protagonistes du conflit.
On est à deux doigts du miracle mais tout explose et Antigone/Imane perd la vie à Chatila.
Georges, fracassé après ce qu'il a découvert de lui-même au cours de l'ultime attaque ne parvient plus à rejoindre en France une vie dans laquelle sa fille pleure pour une glace au chocolat tombée dans la poussière...
Ce livre bouscule nos certitudes et dérange à certains égards : la violence est tapie en chaque homme et personne ne peut se sentir tout à fait innocent. Il nous revient toutefois de faire de la culture un (fragile?) rempart et du théâtre une expérience de partage et de résistance :"Ils n'ont pas tué Antigone"...
D'autres livres terminent leur parcours, En finir avec Eddy Bellegueule commence le sien.
Prochaine réunion le 14 avril à 14 Heures.

lundi 31 mars 2014

Plaisir et découverte des lectures en réseau...

Vendredi 28 mars, les tout petits de petite et moyenne section de la maternelle (filière bilingue), accompagnés par leur enseignante et ses assistantes, découvraient un « livre cousin » d'un album présent dans la sélection qui leur est proposée .
Ils se sont intéressés à un nouveau venu dans leurs lectures, Brutus, un bœuf qui grossit au fil des pages tant il est fier de sa force, sûr de sa supériorité, jusqu'au moment où tout bascule pour lui... Encore un qui s'est rêvé en roi des animaux de la ferme avant de comprendre que ce n'est peut-être pas l'idéal.


Très vite, ils ont trouvé que cet album-là pouvait avoir un "air de famille" avec C'est qui le roi des animaux? que l'on a aussi relu ensemble.
Toutes les autres classes se succèdent ainsi en cette période à la bibliothèque et en découvrant de nouveaux ouvrages ayant un « air de famille » avec certains autres de leur sélection,  privilégiés par les  enseignants, les enfants élargissent et approfondissent avec plaisir la  lecture qu'ils en ont faite.
La classe de MS/GS s'est, quant à elle, particulièrement intéressée aux "livres cousins" de Mon safari dans Paris qui a ensuite fait l'objet d'une exploration collective renouvelée.

dimanche 2 mars 2014

En attendant les résultats du concours de poésie...

Cette année encore, le concours de poésie proposé aux enfants par TBK, en partenariat avec la Maison de la poésie du Pays de Quimperlé mais aussi la COCOPAQ et son réseau de bibliothèques, a suscité un vif intérêt à Tréméven. Quatre classes se sont en effet engagées dans ce projet stimulant qui invitait à écrire sur "Le regard sur l'Autre"  .
Poète et responsable du Festival de la parole poétique du 6 au 11mars, Bruno Geneste a accompagné l'entrée en écriture de la classe de CM2 de F. Souron, une chance dont les enfants se souviendront.
Danielle, de la bibliothèque, a animé des ateliers d'écriture dans les classes de CE1/CE2 de M. Le Torrec (filière bilingue) et de C. Goalabré, ainsi que dans la classe de CE2/CM1 de J. Arevalo . Les recueils de poèmes de la bibliothèque ont beaucoup circulé et ce fut une nouvelle fois une occasion de jouer avec les images et les mots. "Tout vrai poème est une surprise" affirme de J.P Siméon, président du Printemps des poètes. La formule, imprimée sur papier couleur soleil dans chacune des classes, a sûrement guidé les apprentis poètes qui nous ont souvent surpris et se sont sans doute parfois surpris eux-mêmes...
En attendant la proclamation des résultats, le 7 mars lors de la séance inaugurale du Festival de la parole poétique et avant de partir en vacances, les enfants ont illustré leurs poèmes qui seront affichés à la bibliothèque.

mercredi 12 février 2014

Il pleut... On lit !

Les lectrices du Club se sont réunies une nouvelle fois lundi 10 février pour partager leurs lectures et  Marielle, bibliothécaire à Bannalec, nous avait rejointes à cette occasion.
Plusieurs livres avaient terminé leur tour de piste ; lus par toutes, ils  faisaient ce jour-là  l'objet d'échanges approfondis et de votes.
Les faibles et les forts de Judith Perrignon fut le premier sur la sellette. Ce roman nous entraîne dans une Amérique en proie aux luttes liées à la conquête des droits civiques par les noirs qui, alors qu'ils ne sont plus des esclaves, sont toujours absolument discriminés, sans accès possible aux lycées réservés aux enfants blancs. Pour la même raison, les noirs n'ont pas appris à nager : les bassins des piscines leur sont interdits.
Par un après-midi caniculaire, 2 familles noires prennent la route pour profiter de la fraîcheur du fleuve : le moment de plaisir attendu se transforme en drame pour 6 enfants, compagnons de jeu et solidaires...
Le livre,unanimement jugé intéressant en raison de son thème et du choix de l'épisode raconté (un fait divers qui témoigne  de l'histoire du pays), reçoit un coeur vert : l'écriture, efficace, laisse le lecteur dans la distance plus que dans l'émotion. Survivance du passé professionnel de l'auteur venue du journalisme ?
Il fut ensuite question de La nuit en vérité de Véronique Olmi. Il s'agit cette fois d'une tout autre histoire, celle d'un étonnant couple fusionnel entre une trop jeune mère célibataire, "toujours dans les vingt", et son fils au seuil de l'adolescence. Femme de ménage apeurée, humiliée, disposant d'une seule pièce, dans un appartement luxueux de marchands d'art, toujours absents mais susceptibles de réapparaître au milieu de la nuit en exigeant que tout soit en parfait état de marche. Pas d'amour, en dehors de celui qu'elle porte à son fils, dans son univers encombré par de multiples tâches ménagères dépourvues de sens. L'enfant grandit dans la difficulté, sans ancrage  (sa mère refuse de lui communiquer toute information relative à son histoire), quasi obèse, il est le souffre-douleur de ses camarades de classe dans le collège huppé qu'il fréquente. La conquête d'un espace personnel, dans un débarras, l'échappée dans la lecture, l'imaginaire vont lui permettre d'amorcer la séparation d'avec cette mère dont il adore le rire... Là aussi, un roman jugé intéressant par toutes mais qui a inégalement touché les unes et les autres.
Ce fut ensuite le tour de Les anges meurent de nos blessures de Yasmina Khadra. Unanimité cette fois pour  attribuer un coeur rouge à ce récit d'une vie ratée dans l'Algérie d'entre les 2 guerres. Le roman met en scène l'itinéraire particulier d'un gamin de milieu très modeste, que les images de luxe, de réussite d'un certain occidentaux, font rêver. Son efficacité dans la bagarre le fait remarquer et il devient boxeur, adulé mais seul le regard de la femme qu'il aime lui importe. Trop pur pour ce milieu où la Mafia exerce son pouvoir , il paiera cher le fait d'avoir voulu croire que sa valeur ne se limite pas à celle de ses poings . Roman noir et solaire à la fois (nous sommes en Algérie!), cette histoire peut aussi toucher un public masculin.
La dernière fugitive de Tracy Chevalier a, quant à lui, suscité un enthousiasme unanime. Nous suivons en Amérique, à la fin du 19ème siècle, Honor, une jeune Quaker anglaise qui accompagne sa soeur fiancée à un colon de leur communauté qu'elle va rejoindre dans l'Ohio. Cette soeur étant victime de la fièvre jaune, elle va devoir faire son chemin seule dans un monde dont elle doit tout apprendre...L'aide ne lui vient pas forcément des membres de sa communauté sévère et rigide et c'est Belle la modiste, une femme libre et authentiquement généreuse, qui l'accompagnera le mieux. Honor découvre très rapidement le problème des esclaves fuyards en route vers le Canada, complètement dépendants de l'aide des bonnes volontés qu'ils rencontrent. Elle va braver les interdits pour être fidèle aux principes d'honneur et d'humanité de sa foi, tout en prenant ses distances par rapport à sa communauté. Pour Honor, le devoir de générosité et de respect envers un autre être humain, noir ou pas, est un impératif absolu.
Le roman est riche, il nous présente un itinéraire de vie de femme dans un univers que nous découvrons (les règles de vie d'une austère communauté , la tradition des quilts...) mais son affirmation personnelle à travers ses choix, suscite une vraie émotion .
Marielle nous a ensuite présenté Réparer les vivants de Maylis de Kérangal, une intense histoire de transplantation cardiaque qu'elle nous a vivement donné envie dedécouvrir.
D'autres livres sont toujours en cours de lecture (Le quatrième mur de Sorj Chalandon, Esprit d'hiver de Laura Kashiske, Il faut beaucoup aimer les hommes de Marie Darrieusec et d'autres encore!)
Prochaine réunion le Lundi 24 mars, 14 heures à la bibliothèque.


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lundi 27 janvier 2014

Une rencontre "Coup de coeur"...

Vendredi après-midi 24 janvier, après avoir rencontré un livre qui les avait unanimement touchées, les membres du Club de lecture ont eu la chance de rencontrer son auteur, Jean-Luc Nativelle, Lauréat 2013 du Prix des lecteurs du Télégramme pour son roman Le promeneur de la presqu'île .
La rencontre, riche et très chaleureuse, a permis à chacune d'exprimer les interrogations et émotions suscitées par ce livre qui incite le lecteur à suivre un homme dans sa déambulation quotidienne. Ce jour-là, toutefois, la promenade se fait à l'envers : un drame a bousculé l'ordre des choses. Ce n'est que très progressivement, au fil des pages et de ce que racontent les habitants des maisons devant lesquelles passe le personnage, que le lecteur va construire, comme un puzzle, la cohérence de l'ensemble. Ce récit sans pathos peut toucher chacun(e) en raison de sa dimension profondément humaine à laquelle s'ajoutent, pour des Trémévénoises, un ancrage dans des paysages connus et une culture partagée (les crêpes qu'il convient d'offrir pour le café de l'après-midi, par exemple).Jean-Luc Nativelle a en effet emprunté à un fait divers dramatique survenu dans un village de la région des éléments de l' histoire dans laquelle son roman nous emporte.
Des lectrices du Club ont ensuite accompagné l'auteur à la librairie Les mots voyageurs où il dédicaçait ses livres et ont poursuivi l'échange, cette fois sur Un jour Philip Roth sera mort. Ce roman d'une tonalité complètement différente lui permet, dans une intrigue aux allures policières de pointer, de manière incisive, les travers d'un système éditorial qui l'a fait souffrir au cours des 3 années au cours desquelles il a accumulé une cinquantaine de refus de publication de son livre pourtant distingué un peu plus tard par des lecteurs. Belle revanche!
Jean-Luc Nativelle est un homme de dialogue, il n'écrase personne de son statut d'écrivain et on ne peut que lui souhaiter de poursuivre le chemin pris par son promeneur !
Prochaine réunion du Club: lundi 10 février, 14 heures à la bibliothèque. 

mardi 14 janvier 2014

"Question de genre", une exposition sur les chemins du succès...


Samedi matin11janvier, avait lieu  l'inauguration officielle de cette exposition composée de 16 portraits singuliers, point d'orgue d'un long travail conduit au sein d'un Club Unesco au lycée Roz Glas de Quimperlé par 12 filles et 4 garçons, sous la conduite d'Annie Sow, conseillère principale d'éducation. Leur thème d'étude au cours la dernière année scolaire a été celui des discriminations sexuelles, d'où l'intitulé de l'exposition présentée dans la salle municipale à l'initiative de la bibliothèque.
Les jeunes présents ce matin là ont tous témoigné de leur engagement dans ce projet qui les touchait de manière très personnelle puisqu'ils étaient invités, après des semaines d'information et de réflexion, à écrire un court texte dans lequel ils se projetaient dans une personne du sexe opposé, puis à l'incarner (avec l'aide des élèves de la section Coiffure du lycée Marie Lefranc) avant d'être photographié. Pas évident.
Ils ont souligné les bénéfices retirés de leur implication dans ce projet : maturité plus grande, conscience bien plus claire des manifestations de ces discriminations, au total des acquis pour devenir des adultes respectueux de l'autre . Avec bon sens, le seul garçon présent soulignait en effet que, même quand on a su adopter des attitudes féminines pour un portrait, on reste un garçon ! La photo au naturel, qui accompagne le portrait du personnage choisi et le texte personnel comme une signature, le revendique d'ailleurs clairement tout en permettant de mesurer l'importance bluffante de la transformation réalisée.
Tous sont très fiers du chemin qu'ils ont parcouru et expliquent le succès de l'exposition par son originalité , par la sincérité dont témoignent leurs textes, par l'écho qu'elle trouve dans l'actualité ( le film de Galienne « Guillaume et les garçons à table »pour ne citer que cet exemple).
Le portraitiste, Christian Scaviner, soulignait quant à lui le challenge représenté par sa participation. Il ne connaissait pas les textes des élèves, a dû installer son studio au lycée, réaliser ces 16 portraits en 2 heures, être en conséquence absolument concentré et réactif pour saisir l'essentiel, la personne, derrière le rôle adopté par chacun. Il a manifestement relevé le défi avec talent comme l'attestent ces très beaux portraits en noir et blanc.
C'est sans doute parce que chacun avait l'impression d'avoir gagné quelque chose dans l'aventure que l'atmosphère était si chaleureuse samedi matin dans la salle municipale.
L'exposition, qui termine son circuit dans les bibliothèques du réseau de la COCOPAQ, est en place jusqu'à vendredi 18 janvier (18heures), avant de partir pour le parlement européen à Bruxelles, une consécration légitime.

mardi 7 janvier 2014

Déjà de nouveaux coups de coeur en 2014...

Lundi 6 janvier : pas de galette sur la table de la bibliothèque mais une pile de livres...
Certains ont terminé leur passage entre toutes les mains au seuil de cette nouvelle année, suffisamment riches pour accompagner longtemps leurs lectrices.
C'est le cas de Petites scènes capitales de Sylvie Germain, dont le titre accroche d'emblée la curiosité par l'association improbable de ses 2 adjectifs. L'auteur nous déroule, il est vrai, l'histoire de Lili (ou Barbara?) à travers 49 scènes brèves mais toujours fondatrices.Les premiers souvenirs de l'héroïne remontent à l'immédiate après-guerre puis s'échelonnent jusqu'à la fin du 20ème siècle ; nous suivons son itinéraire personnel marqué par toutes les douleurs d'une histoire familiale compliquée et des épisodes plus ou moins étroitement inscrits dans l'histoire collective (mai 68 et les expériences de vie communautaire consécutives, par exemple). Lili a perdu très vite sa mère qui s'est suicidée ; le second mariage de son père avec un ex-mannequin dotée de 4 enfants issus de lits différents suscite chez l'enfant trouble et inquiétude et la question : "C'est qui là ?" sur la photo qu'elle a en mains, est centrale.
L'illustration de couverture suggère pourtant envol et légèreté et il est vrai que l'écriture légère et subtile de Sylvie Germain sert magistralement ces "petites scènes" qui touchent chacun.
Autre coup de coeur : Au revoir là-haut de Pierre Lemaître, prix Goncourt 2013.
Un roman qu'on ne lâche pas quand on l'a ouvert et qui, au seuil des commémorations à venir, nous plonge   dans un enfer encore vécu par les grands-parents de certaines  lectrices. L'auteur choisit un angle de vue original pour souligner l'horreur sans nom de la boucherie que fut la "Grande guerre" en ouvrant son récit à la date du 2 novembre 1918. Chacun sait que l'armistice est proche et les poilus n'en peuvent plus. Sur la cote 113, seul le lieutenant d'Aulnay-Pradelle, un aristocrate "terriblement civilisé et foncièrement brutal" veut encore attaquer et monter à l'assaut même s'il faut, pour susciter une dernière fois la hargne de ses hommes, leur tirer dans le dos...Trois survivants à cet ultime carnage : le lieutenant et deux soldats dont l'un a le visage et une jambe arrachés.
Quelle place pour eux dans un pays qui prétend honorer ses morts mais néglige si scandaleusement les vivants? Le roman, "politiquement incorrect" nous livre ses réponses à travers les rebondissements d'une intrigue construite par un maître du polar.
D'autres livres terminent leur circuit, un nouveau entre en circulation : La dernière fugitive de Tracy Chevalier.
Prochaines rencontres : le 24 janvier pour accueillir Jean-Luc Nativelle et le 10 février pour reprendre nos habitudes.