lundi 27 janvier 2014

Une rencontre "Coup de coeur"...

Vendredi après-midi 24 janvier, après avoir rencontré un livre qui les avait unanimement touchées, les membres du Club de lecture ont eu la chance de rencontrer son auteur, Jean-Luc Nativelle, Lauréat 2013 du Prix des lecteurs du Télégramme pour son roman Le promeneur de la presqu'île .
La rencontre, riche et très chaleureuse, a permis à chacune d'exprimer les interrogations et émotions suscitées par ce livre qui incite le lecteur à suivre un homme dans sa déambulation quotidienne. Ce jour-là, toutefois, la promenade se fait à l'envers : un drame a bousculé l'ordre des choses. Ce n'est que très progressivement, au fil des pages et de ce que racontent les habitants des maisons devant lesquelles passe le personnage, que le lecteur va construire, comme un puzzle, la cohérence de l'ensemble. Ce récit sans pathos peut toucher chacun(e) en raison de sa dimension profondément humaine à laquelle s'ajoutent, pour des Trémévénoises, un ancrage dans des paysages connus et une culture partagée (les crêpes qu'il convient d'offrir pour le café de l'après-midi, par exemple).Jean-Luc Nativelle a en effet emprunté à un fait divers dramatique survenu dans un village de la région des éléments de l' histoire dans laquelle son roman nous emporte.
Des lectrices du Club ont ensuite accompagné l'auteur à la librairie Les mots voyageurs où il dédicaçait ses livres et ont poursuivi l'échange, cette fois sur Un jour Philip Roth sera mort. Ce roman d'une tonalité complètement différente lui permet, dans une intrigue aux allures policières de pointer, de manière incisive, les travers d'un système éditorial qui l'a fait souffrir au cours des 3 années au cours desquelles il a accumulé une cinquantaine de refus de publication de son livre pourtant distingué un peu plus tard par des lecteurs. Belle revanche!
Jean-Luc Nativelle est un homme de dialogue, il n'écrase personne de son statut d'écrivain et on ne peut que lui souhaiter de poursuivre le chemin pris par son promeneur !
Prochaine réunion du Club: lundi 10 février, 14 heures à la bibliothèque. 

mardi 14 janvier 2014

"Question de genre", une exposition sur les chemins du succès...


Samedi matin11janvier, avait lieu  l'inauguration officielle de cette exposition composée de 16 portraits singuliers, point d'orgue d'un long travail conduit au sein d'un Club Unesco au lycée Roz Glas de Quimperlé par 12 filles et 4 garçons, sous la conduite d'Annie Sow, conseillère principale d'éducation. Leur thème d'étude au cours la dernière année scolaire a été celui des discriminations sexuelles, d'où l'intitulé de l'exposition présentée dans la salle municipale à l'initiative de la bibliothèque.
Les jeunes présents ce matin là ont tous témoigné de leur engagement dans ce projet qui les touchait de manière très personnelle puisqu'ils étaient invités, après des semaines d'information et de réflexion, à écrire un court texte dans lequel ils se projetaient dans une personne du sexe opposé, puis à l'incarner (avec l'aide des élèves de la section Coiffure du lycée Marie Lefranc) avant d'être photographié. Pas évident.
Ils ont souligné les bénéfices retirés de leur implication dans ce projet : maturité plus grande, conscience bien plus claire des manifestations de ces discriminations, au total des acquis pour devenir des adultes respectueux de l'autre . Avec bon sens, le seul garçon présent soulignait en effet que, même quand on a su adopter des attitudes féminines pour un portrait, on reste un garçon ! La photo au naturel, qui accompagne le portrait du personnage choisi et le texte personnel comme une signature, le revendique d'ailleurs clairement tout en permettant de mesurer l'importance bluffante de la transformation réalisée.
Tous sont très fiers du chemin qu'ils ont parcouru et expliquent le succès de l'exposition par son originalité , par la sincérité dont témoignent leurs textes, par l'écho qu'elle trouve dans l'actualité ( le film de Galienne « Guillaume et les garçons à table »pour ne citer que cet exemple).
Le portraitiste, Christian Scaviner, soulignait quant à lui le challenge représenté par sa participation. Il ne connaissait pas les textes des élèves, a dû installer son studio au lycée, réaliser ces 16 portraits en 2 heures, être en conséquence absolument concentré et réactif pour saisir l'essentiel, la personne, derrière le rôle adopté par chacun. Il a manifestement relevé le défi avec talent comme l'attestent ces très beaux portraits en noir et blanc.
C'est sans doute parce que chacun avait l'impression d'avoir gagné quelque chose dans l'aventure que l'atmosphère était si chaleureuse samedi matin dans la salle municipale.
L'exposition, qui termine son circuit dans les bibliothèques du réseau de la COCOPAQ, est en place jusqu'à vendredi 18 janvier (18heures), avant de partir pour le parlement européen à Bruxelles, une consécration légitime.

mardi 7 janvier 2014

Déjà de nouveaux coups de coeur en 2014...

Lundi 6 janvier : pas de galette sur la table de la bibliothèque mais une pile de livres...
Certains ont terminé leur passage entre toutes les mains au seuil de cette nouvelle année, suffisamment riches pour accompagner longtemps leurs lectrices.
C'est le cas de Petites scènes capitales de Sylvie Germain, dont le titre accroche d'emblée la curiosité par l'association improbable de ses 2 adjectifs. L'auteur nous déroule, il est vrai, l'histoire de Lili (ou Barbara?) à travers 49 scènes brèves mais toujours fondatrices.Les premiers souvenirs de l'héroïne remontent à l'immédiate après-guerre puis s'échelonnent jusqu'à la fin du 20ème siècle ; nous suivons son itinéraire personnel marqué par toutes les douleurs d'une histoire familiale compliquée et des épisodes plus ou moins étroitement inscrits dans l'histoire collective (mai 68 et les expériences de vie communautaire consécutives, par exemple). Lili a perdu très vite sa mère qui s'est suicidée ; le second mariage de son père avec un ex-mannequin dotée de 4 enfants issus de lits différents suscite chez l'enfant trouble et inquiétude et la question : "C'est qui là ?" sur la photo qu'elle a en mains, est centrale.
L'illustration de couverture suggère pourtant envol et légèreté et il est vrai que l'écriture légère et subtile de Sylvie Germain sert magistralement ces "petites scènes" qui touchent chacun.
Autre coup de coeur : Au revoir là-haut de Pierre Lemaître, prix Goncourt 2013.
Un roman qu'on ne lâche pas quand on l'a ouvert et qui, au seuil des commémorations à venir, nous plonge   dans un enfer encore vécu par les grands-parents de certaines  lectrices. L'auteur choisit un angle de vue original pour souligner l'horreur sans nom de la boucherie que fut la "Grande guerre" en ouvrant son récit à la date du 2 novembre 1918. Chacun sait que l'armistice est proche et les poilus n'en peuvent plus. Sur la cote 113, seul le lieutenant d'Aulnay-Pradelle, un aristocrate "terriblement civilisé et foncièrement brutal" veut encore attaquer et monter à l'assaut même s'il faut, pour susciter une dernière fois la hargne de ses hommes, leur tirer dans le dos...Trois survivants à cet ultime carnage : le lieutenant et deux soldats dont l'un a le visage et une jambe arrachés.
Quelle place pour eux dans un pays qui prétend honorer ses morts mais néglige si scandaleusement les vivants? Le roman, "politiquement incorrect" nous livre ses réponses à travers les rebondissements d'une intrigue construite par un maître du polar.
D'autres livres terminent leur circuit, un nouveau entre en circulation : La dernière fugitive de Tracy Chevalier.
Prochaines rencontres : le 24 janvier pour accueillir Jean-Luc Nativelle et le 10 février pour reprendre nos habitudes.